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02- Gauvain et le Chevalier Couard

, par

(Ayant vaincu les ennemis de la Dame Veuve, Gauvain a obtenu pour un an la garde du château de Camaalot. Il se remet en route vers le château du Roi Pêcheur ; il fait halte dans une demeure, où il est accueilli par un nain et par la dame du château, dont l’époux, Marin le Jaloux, est absent. La nuit, le nain va retrouver son seigneur et accuse Gauvain d’avoir séduit sa belle et jeune épouse : or Gauvain, tout entier à sa quête, avait détourné d’elle ses regards. Au matin, de retour, Marin le défie, mais par inadvertance il tue sa femme d’un coup de lance destiné à Gauvain. Ayant mis le corps de la dame à l’abri des bêtes sauvages, Gauvain repart.)
Messire Gauvain se remit en route, désespéré au point de perdre l’esprit : il lui semblait qu’il ne lui était jamais rien arrivé de pire. Il chevauchait, sombre et mélancolique, à travers la forêt, quand il vit venir sur le chemin un chevalier fort curieusement accoutré : il mon­tait son cheval devant derrière, les rênes attachées sur sa poitrine, et portait son bouclier sens dessus dessous, sa lance devant derrière ainsi que son haubert, et ses chausses étaient attachées à son cou. Il avait bien entendu venir messire Gauvain, que cette apparition avait plongé dans la stupéfaction ; mais il ne pouvait le voir, et il lui cria à voix haute
- Noble chevalier qui venez, au nom de Dieu, ne me faites aucun mal, car je suis le Chevalier Couard.
« Ma foi, se dit messire Gauvain en lui-même, vous ne semblez pas homme à qui l’on puisse vouloir du mal ! » Et s’il n’avait été aussi malheureux, il aurait ri de bon coeur de son accoutrement.
- Seigneur chevalier, répondit-il, vous n’avez pour l’instant rien à craindre de moi !
Et s’approchant de lui, il put l’examiner, et le chevalier fit de même.
- Bienvenue, seigneur, s’exclama le Chevalier Couard.
- Et à vous de même. De qui êtes-vous le vassal, seigneur cheva­lier ?
- De la Demoiselle au Char, seigneur.
- Ma foi, je ne vous en apprécie que mieux !
- N’aurai-je donc rien à craindre de vous ?
- Non, répondit messire Gauvain, soyez tout à fait rassuré.

Le chevalier vit alors l’écu de messire Gauvain : il le reconnut et lui dit
- Seigneur, je sais qui vous êtes. Je vais donc descendre de che­val et remonter dans le bon sens, et je remettrai mes armes comme il faut, car je sais à présent que vous êtes messire Gauvain : nul autre que vous ne pouvait conquérir ce bouclier.

Descendant de cheval, le chevalier entreprend de remettre en ordre son équipement, et il prie messire Gauvain de s’arrêter pour lui en laisser le temps : ce dernier accepte bien volontiers et lui offre son aide. Mais voici qu’arrive à toute allure un chevalier qui traverse la forêt comme un ouragan, et qui porte un bouclier mi-parti blanc et noir.
- Messire Gauvain, s’écrie-t-il, arrêtez-vous ! Je vous lance un défi au nom de Marin le Jaloux, qui par votre faute a tué sa femme ! - Seigneur chevalier, répond messire Gauvain, j’en suis profon­dément malheureux, car elle n’avait pas mérité de mourir.
- A quoi bon ces regrets ? répondit le Chevalier aux Deux Cou­leurs. Je vous accuse d’être responsable de sa mort. Si je suis vain­queur, vous serez reconnu coupable, et si c’est vous qui gagnez, le blâme et la honte seront pour mon seigneur, et c’est de vous qu’il tiendra son château, à condition que vous me laissiez retourner vivant.
- Je ne vous refuserai pas ce combat, répondit messire Gauvain, car Dieu sait que je suis innocent.
- Messire Gauvain, intervint le Chevalier Couard, ne comptez pas sur moi dans ce combat, car je ne vous apporterais ni aide ni secours !
- J’ai réussi bien des exploits sans vous, répondit messire Gau­vain, et je réussirai encore celui-ci, si Dieu veut m’assister !

Les deux combattants se précipitent l’un sur l’autre et brisent leurs lances contre les boucliers. Messire Gauvain heurte le chevalier en le’ dépassant, et il l’abat avec son cheval. Puis, tirant son épée, il revient sur lui. Le chevalier s’écrie
- Hé, messire Gauvain, voulez-vous donc me tuer ? Je me rends à vous, car je ne veux pas mourir pour la folie d’un autre, et j’im­plore votre pitié
.
Messire Gauvain décida de ne lui faire aucun mal, car il était bien obligé d’obéir à son seigneur. Se redressant, son adversaire tendit ses mains vers lui et, au nom de son seigneur, lui fit l’hommage de sa demeure et de toute sa terre et se déclara son vassal. Puis il s’éloi­gna.
- Seigneur, dit le Chevalier Couard, je ne voudrais pas être aussi hardi que vous ; car s’il m’avait défié comme il l’a fait, je me serais enfui sur-le-champ, ou bien je serais tombé à ses pieds pour implorer sa pitié.
- Il me semble que vous aimez plus que tout la tranquillité, dit messire Gauvain.
- Et j’ai raison, dit le chevalier, la guerre n’apporte que des mal­heurs. Je n’ai jamais été blessé, sinon par quelque rameau dans la forêt, et je vois votre visage tout couturé et couvert de cicatrices. Je vous recommande à Dieu, et je m’en vais retrouver ma Demoiselle au Char.
- Vous ne partirez pas avant de m’avoir dit pourquoi votre Demoiselle au Char porte son bras suspendu à son cou comme elle le fait !
- Seigneur, je vais vous le dire : c’est de cette main qu’elle a servi du Saint Graal le chevalier qui séjourna chez le Roi Pêcheur, et qui omit de demander à quoi servait le Graal ; comme c’est de cette main qu’elle avait tenu la précieuse coupe dans laquelle le sang glo­rieux coule de la pointe de la lance, elle refuse de s’en servir pour quoi que ce soit avant d’être revenue dans le saint lieu où il se trouve. Seigneur, ajouta-t-il, je vais m’en aller à présent, si vous le voulez bien ; voici ma lance, je vous la donne, car je n’en ai que faire.

Messire Gauvain l’accepta bien volontiers, car la sienne était bri­sée, et il quitta le chevalier en le recommandant à Dieu.

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